mercredi 17 septembre 2014

The Happiness Project by Gretchen Rubin

Le livre de Gretchen Rubin est une vraie bouffée d'oxygène. Au travers de son expérience Opération Bonheur, l'auteur met en exergue nos propres démons, ce qu'on oublie régulièrement, ce qui nous fait défaut, ou ce qu'on ne prend pas le temps de faire ou de penser, par manque de temps ou d'envie.

Par exemple à titre personnel, il m'arrive souvent de dire des choses que je regrette ensuite, parce que je me rends compte qu'elles pouvaient être blessantes pour mon interlocuteur. Le pire est qu'on n'a en général ce comportement qu'avec les personnes les plus proches et auxquelles on tient le plus. Soit on refoule ses mots et on les ressort plus tard, dans un contexte assassin peu enviable - qu'on regrette, forcément - soit on exprime ce qu'on a envie de dire au moment où ça sort - et on le regrette aussi.
Faut-il pour autant écarter de sa vie toute relation de proximité un tant soit peu viable, afin d'éviter toute déconvenue ?


Extrait des bonnes résolutions de GB 
http://www.gretchenrubin.com

Agir avec énergie
N'attendre ni compliments, ni louanges
Avoir une bonne estime de soi
Se fâcher à bon escient
Donner des preuves d'amour
Travailler intelligemment
Profiter du présent
Se détendre
Rire de bon coeur
Être satisfait de son sort
Faire des projets
Sortir des entiers battus
Prendre le temps de s'amuser
Consacrer du temps à l'amitié
Être présent, généreux
Savoir renoncer à quelque chose
Consommer responsable
Stimuler l'esprit
Faire attention
S'adonner à une passion

Dans l'esprit "how to make good habits and break bad ones", je rajouterai quelques conseils adaptés à notre époque connectée :

  • Réduire son activité Facebook (et sur Internet en général) : parvenir à s'y connecter 3 fois par semaine maximum (même sans avoir de vie)
  • Ne pas se projeter dans la vie d'autrui : chacun a SA vie et il faut savoir faire la part des choses - surtout dans les moments de déprime.
  • Faire la liste des éléments positifs : qualités, dons, passions...voir le côté positif de la vie plutôt que ses carences par rapport aux autres, à un standard...etc. Plus on est dans la surenchère, plus on est malheureux. Mieux vaut une vie toute simple à une vie passée sur les nerfs rongé par son ambition ou ses désirs non satisfaits.





mercredi 20 août 2014

Kaguya-hime no monogatari - Isao Takahata


Synopsis Premiere.fr  :

"Une minuscule princesse, Kaguya, «la princesse lumineuse», est découverte dans la tige d'un bambou. Élevée par un vieux coupeur de bambou et son épouse, elle devient une séduisante jeune femme. De la campagne lointaine jusqu'à la grande capitale, sa beauté suscite l'engouement auprès de tous ceux qui la rencontrent et fascine en particulier cinq nobles prétendants, qui vont devoir relever d'impossibles défis dans l'espoir d'obtenir sa main... Le temps venu, elle devra finalement affronter son destin..."



(Le commentaire qui suit contient des spoilers !)

Un coupeur de bambou trouve une petite créature ressemblant à une princesse dans une tige de bambou et décide de la ramener chez lui. Sa femme, en la prenant dans ses mains, provoque la transformation de la créature en un être humain nouveau-né. Le couple décide alors de garder l'enfant et s'aperçoit que ce dernier gagne plusieurs années en quelques jours. 
La petite fille grandit et apprend vite, au contact de ses parents adoptifs et de ses amis de la forêt. La famille est heureuse.
Un jour, le père découvre au sein d'une tige de bambou de l'or qu'il met de côté mais fait mine d'ignorer. Il découvre ensuite plus tard de riches tissus et se décide à interpréter ces évènements comme un signe du destin de la princesse. Avec sa femme, ils décident de faire construire un palais dans la capitale et d'y élever leur fille adoptive, selon le rang auquel ils la croient destinée.


La fillette quitte ses amis de la forêt, la mort dans l'âme, et s'attache bien gré mal gré à parfaire son éducation royale auprès d'une dame de la Cour. La proximité avec ses parents est proscrite, les jeux et les rires bannis, le fard confinant au travestissement de rigueur. Tout ce qui constituait le sel de sa vie n'est plus : la princesse vit désormais recluse et seule dans ses appartements.
Elle rêve parfois à un échappatoire, où elle échoue à retrouver la vie d'enfant qu'elle a tant aimée.


"Nous sommes tous obligés pour rendre la réalité supportable d'entretenir en nous quelques petites folies."

(A l'ombre des jeunes filles en fleurs, Proust)


Son statut de princesse, sa légitimité est bientôt remise en question, les méchancetés de la Cour ne manquent pas. Se présentent des prétendants, imbus de leur personne, voyant en Kaguya un trophée à ajouter à leur collection. Celle-ci donne alors à chacun un défi impossible à relever, qui les conduira tous d'une manière ou d'une autre à leur perte. La princesse se croit l'instrument de leur malheur et ne peut supporter cette idée.
Lorsque l'empereur tombe sous son charme et insiste pour en faire une de ses nombreuses épouses. Kaguya désire plus que tout au monde disparaître de cette Terre qui la réduit à un simple objet d'apparat et de convoitise.


La Lune l'appelle alors pour annoncer son prochain retour. C'est à ce moment-là qu'elle se rend compte de son erreur : aussi imparfait soit le monde terrestre, elle ne veut pas quitter son foyer, ses parents, ni même la réplique illusoire de son monde d'enfant dans le jardin. Elle ne veut pas oublier les sentiments et les tourments qu'elle a éprouvés. 
Lorsque les siens viennent la chercher et la revêtent du manteau de plumes, Kaguya n'oppose plus aucune résistance à rentrer. On la croit déjà amnésique mais une fois partie, elle se retourne les larmes aux yeux pour contempler cette Terre qui l'a accueillie.

"Nous ne savons jamais si nous ne sommes pas en train de manquer notre vie."  

(Jean Santeuil, Proust)


L'interprétation de cette fable n'est pas aisée : allégorie sophistiquée de la folie du matérialisme, évanescence de la beauté, préoccupations écologiques chères au studio Ghibli à travers la vénération de la nature... Quel message Takahata cherche-t-il à faire passer ?
Cette adaptation du conte semble aborder une foule de problématiques, sans aller au fond du sujet : 
  • La beauté : la princesse Kaguya, après avoir grandi en quelques jours, semble arrêter de vieillir alors qu'elle devrait approcher les 40 ans à la fin du conte.
  • Le matérialisme : la relation qu'elle entretient avec ses parents et en particulier son père semble s'évaporer au fil du temps. L'intensité, l'importance de ce lien bien souligné en début de conte, ne parvient plus à émouvoir à la fin, lors de son départ. Comment peut-elle avoir des regrets de les quitter, après des années d'"absence émotionnelle"?
  • Le lien spécial avec la nature : la princesse étant quasiment "née" d'une pousse de bambou, son lien spécial avec la nature apparaît en filigrane tout au long du film. Cependant, ce leitmotiv semble ne mener nulle part. Comment est-elle venue sur Terre exactement, pour quels motifs? Que signifie réellement son départ? Quelle erreur a-t-elle commise? Son retour sur la Lune est-il positif ou négatif?


Les indices disséminés dans le film ne sont que des pierres jetées à la mer, auxquelles le spectateur ne parvient pas à se raccrocher. Le "destin" de la princesse Kaguya semble tout aussi nébuleux qu'au départ. Et si c'était parce qu'il n'y avait pas de destin ?

Après avoir visionné cet anime, je n'ai pu m'empêcher de faire le lien avec la philosophie sartrienne. La princesse Kaguya aurait gagné à avoir pour père adoptif un existentialiste ! Le coupeur de bambou attribue à la jeune fille un destin en fonction de son essence, de "là d'où elle vient". Tombée du ciel et comblé de richesses matérielles, il y voit un signe des dieux mais également un formidable ascenseur social pour sa famille. La société décrite dans le conte est divisée en classes qui déterminent et définissent l'Homme dès sa naissance. Tout ignares et nouveaux riches qu'ils sont, le vieux coupeur de bambou va s'employer à fabriquer le destin de la petite Kaguya, car après tout, l'argent peut tout acheter.
Finalement, que peut-on lui reprocher? Il n'a fait que saisir une opportunité qu'il n'aurait jamais cru possible ou imaginable dans le monde dans lequel il vivait avant de croiser sa route.

Pourtant, à partir du moment où elle est jetée dans le monde terrestre, Kaguya se sent responsable de ce qu'elle fait, des hommes qu'elle va envoyer à la mort. Non libre de déterminer la conduite de sa vie mais condamnée à être responsable.  Sartre aurait peut-être dit qu'elle est de mauvaise foi, elle s'est pliée aux règles de la Cour, elle s'est comportée en objet, laissant enfouie derrière elle une part de son humanité.


Cependant, les épreuves qu'elle a traversées n'étaient-elles pas préférables au retour à une vie sans souvenirs, sans regrets, sans véritables sentiments? Les sentiments font mal mais l'on ne conçoit pas le bonheur sans le malheur, la tristesse, le chagrin. L'amour fait souffrir. Ainsi en va-t-il au moins de la vie sur Terre.


"On ne connaît pas son bonheur. On n'est jamais aussi malheureux qu'on croit."

(Du côté de chez Swann, Proust)

Une foule de questions restent en suspens et peut-être Takahata n'est-il pas allé au bout de sa démarche, de ce à quoi nous avons l'habitude. Il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un auteur beaucoup plus ancré dans le réel que Miyazaki, son comparse de Ghibli. Que le réalisateur du Tombeau des Lucioles, Pompoko et Omoide Poroporo (ces deux derniers tristement méconnus) se penche sur un conte populaire de la littérature japonaise, peut interpeller. Le réalisateur repart de zéro et se remet en question.
La musique de Joe Hisaishi est magnifique, mélancolique à souhait. Le travail à l'estampe est remarquable : au bout de quelques minutes de films, la poésie qui se dégage de l'écoute et du visionnage nous fait oublier l'aspect particulier de la technique utilisée. Un film qui mérite qu'on prenne le temps de se poser pour l'apprécier.

Pour découvrir le conte original "The Tale of the Bamboo Cutter





mardi 11 mars 2014

Je ne fais plus ce rêve étrange et pénétrant

"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime

Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues." *



Je ne fais plus ce rêve étrange et pénétrant...qui me poussait à désirer quelque chose qui ne semble pas me convenir. 

Il est étrange un beau jour de se dire que l'on a déjà vécu l'essentiel. On ne souhaite rien d'autre. Rester assis là, dans la beauté et simplicité du moment. La petite place pavée, le banc vert, le bruit des feuilles qui plissent sous la brise, un rayon du soleil sur la façade, la jeune femme qui promène son chien...La vie à travers les fenêtres ouvertes à l'étage semble suivre son cours, à son propre rythme. Un rythme lent, régulier, comme un souffle. La ville grouille d'en haut, de tous les côtés, et on en représente un maillon infime, insignifiant.

La vie ne tient qu'à un fil, elle est légère, légère...Il ne s'agit pas de s'appesantir sur les aléas et les déchirements. Il n'y a pas de place pour la déception dans l'amour. Simplement profiter du moment présent, comme s'il ne pouvait plus se reproduire. "Etre vrai" pour une minute, une heure ou des années. Et puis savoir s'en aller et retourner à sa solitude. L'absence d'expectation doit être la clé du bonheur...

Etre en osmose avec le moment présent, sa conscience et sa croyance; n'avoir ni remords, ni regrets. Ne pas rejeter ce que l'on est fondamentalement,  l'endroit d'où l'on vient et ce que l'on y a appris. Se libérer de ses préjugés est une chose, se renier soi-même en est une autre. Toute expérience est nouveauté mais la nouveauté n'est grisante qu'un temps. Esprit, "envole-toi bien loin de ces miasmes morbides; Va te purifier dans l'air supérieur" **...



* Mon rêve familier, de Paul Verlaine
** Elévation, de Charles Baudelaire

Merci @Maryeleng pour ses photos, sous licence Creative Commons 

mardi 16 octobre 2012

Letter from an unknown woman



Lettre d'une inconnue est un de mes films préférés, pour la richesse de sa composition et la photographie du film en noir et blanc (très inspirante, notamment avec les divers éclairages) autant que pour l' oeuvre de Stefan Zweig à l'origine de ce long métrage.


Le thème central du film de Max Ophüls est le temps, matérialisé par nombre de motifs récurrents, le plus souvent circulaires. Les scènes de début et de fin par exemple sont identiques, montrant ainsi que la boucle est fermée et le héros se dirige vers son destin funeste et inéluctable. La virginité et la vacuité du moment présent tant espéré, déjà perdu lorsqu'il se réalise, est le leitmotiv du film. Le temps glisse entre les doigts des personnages et rien ne peut l'arrêter. Seule la tristesse ou la mort est au bout de ce chemin temporel et la répétition des "two weeks" est la mélodie rappelant que la séparation est au bout du chemin.

Le réalisateur choisit volontairement de filmer ses personnages en retrait, et ne réalise qu'un gros plan sur tout le film. Pour Ophuls, la vie est un théâtre (on aperçoit souvent des rideaux qui viennent "rétrécir" l'écran, nous font entrer dans l'intimité des personnages, montrant ainsi la vie comme une pièce de théâtre, où finalement, tout est joué d'avance. La fin est toujours la même, on ne peut y échapper, comme dans une "machine infernale" où rien ne peut contrer la décision des Parques) , les gros plans signifiant forcément quelque chose de négatif. Dans le film, le seul gros plan est réalisé sur Louis Jourdan lorsqu'il s'aperçoit de la présence de cette femme au théâtre, synonyme de vide. Le personnage n'est plus que l'ombre de lui-même, usé par sa vie de dandy de naguère. La musique et surtout le bruit, la "bande-son du décor" sont également des éléments importants, renforçant ce côté théâtral (et pourtant réel) de la vie, et pleins de symbolismes; notamment avec les fréquentes références à Beethoven, Mozart et Wagner (statues de Beethoven à différentes reprises entre les deux personnages, musique de Wagner jouée par les musiciens dans une scène de dérision, Mozart repris en thème musical à différentes reprises...On perçoit clairement les préférences de l'auteur à ce niveau d'ailleurs.)

Le maître d'hôtel muet de Stefan est le spectateur de toute la scène. Bien que muet, il semble être un personnage omniscient, reconnaissant à chaque reprise cette personne, jamais la même pour Stefan et semblant tout connaître de sa vie ou du moins, de ses aspirations secrètes. Le comportement "habituel" de Stefan, par opposition à l'idolâtrie dont fait preuve la jeune femme depuis son adolescence pour cet homme (et que nous suivons malgré nous), rend ce dernier pathétique et la dernière scène entre les deux personnages d'autant plus triste. Bien que sa vie ait été remplie (de femmes), il est désormais seul avec lui-même et rien ne peut combler le vide de son existence, pas même la musique.


Dans le livre, le personnage est écrivain alors qu'ici Ophüls a délibérément choisi d'en faire un pianiste de renom. Max Ophüls, par ce film, montre la descente de l'artiste aux enfers. Alors au sommet de sa gloire, Stefan s'égare et seule cette (ces) femme(s) semblent à chaque fois le connaître mieux que lui-même, et incarner son génie disparu. Peut-être cela matérialise-t-il les propres doutes de l'auteur sur la création et la réalisation artistique, toujours est-il que le personnage du film rencontre un obstacle qu'il ne surmontera pas.

Les obstacles sont des outils souvent utilisés par Ophüls, autant pour montrer un peu de dérision que pour matérialiser le fourmillement de la vie. La caméra d'Ophüls est fluide et semble imprimer le mouvement. Chaque scène "remplie" se voit ensuite répondre par la même scène totalement vide, le personnage comme perdu dans cet espace qu'il ne peut combler.

Dés(enchantement)
Ce film représente à la fois l'émerveillement (l'enthousiasme et l'envol pourrait-on dire) de la jeune fille vierge et naïve -souvent située en contre-plongée, de bas en haut, comme une servante devant son dieu- (face à la musique du jeune homme, à son allure, à son "sanctuaire", à l'amour aussi - il s'agit avant tout de l'histoire d'une passion secrète, obsessionnelle) jusqu'à son complet désenchantement (lorsque Lisa observe Stefan d'en haut de l'escalier en colimaçon, artiste revenant à son appartement avec une conquête d'une nuit; A la toute fin, lorsque Stefan répond à côté des répliques de Lisa, pas du tout sur la même longueur d'ondes, il ne la "reconnaît" pas)


Le temps, le vide, la mort et l'impuissance de l'Homme face à cela.
Finalement, l'impuissance face à sa propre bêtise, à sa propre ignorance le fait aboutir sur un constat d'échec, menant irrémédiablement à la mort. A quoi ont servi toutes ces histoires, toute cette jeunesse, s'il a été aveugle jusqu'au bout? L'histoire racontée par cette femme par le biais de cette lettre posthume est l'histoire d'un véritable idéal, d'une véritable passion, gâchée par la petitesse, l'étroitesse de l'existence humaine, et peut-être par la nature humaine elle-même.
Cependant, la passion et l'idolâtrie de cette femme, qui ont rempli sa vie, étaient sans doute tout aussi vaines.
Là est peut-être toute la tragédie de l'histoire finalement. Et le parti pris du réalisateur de ne filmer qu'en "plan éloigné des personnages" en est peut-être révélateur. Faire un gros plan sur un personnage ne peut finalement que montrer ses défauts, ses imperfections, sa laideur, aussi "séduisant" soit le personnage. Ainsi en va-t-il de la nature humaine.





Conclusion finale
Alors qu'on (journalistes, psychanalystes, psychologues...etc) cherche encore aujourd'hui à expliciter tel ou tel succès, en en décomposant chaque scène, chaque geste, chaque objet, et en l'interprétant de la manière la plus farfelue qu'il soit -sans que rien ne soit forcément prémédité! - j'ai aimé retrouver dans ce film la sensation d'une maîtrise complète de la réalisation, quand bien même certains "mécanismes" du réalisateur, certaines préférences pour tel ou tel cadrage, répétition..etc, sont utilisés et reproduits à l'excès. On ressent une grande maîtrise de son art avec ces choix qui ne peuvent être que délibérés au vu de l'ensemble cohérent de l'oeuvre du réalisateur. Au contraire de tous ces succès "miraculeux" d'aujourd'hui (et aux choix de départ souvent arbitraires) qui cherchent à être expliqués de mille façons et ne montrent pourtant aucune cohérence ou si peu.